Dessin d'une poule qui pique le dos d'une autre, plumes qui volent, chou suspendu pour les occuper

Picage : pourquoi les poules se piquent entre elles et que faire

Un dos dégarni, des plumes partout dans le parcours, une poule qui saigne : le picage inquiète, et à juste titre. Ce comportement peut vite dégénérer. Il a rarement une seule cause, mais on peut presque toujours le calmer en changeant quelques habitudes.

⚡ L’essentiel en 30 secondes

  • Le picage n’est pas la hiérarchie : un coup de bec pour rappeler qui commande est normal, s’acharner à arracher des plumes ne l’est pas.
  • Les causes s’additionnent : ennui, manque de place, alimentation, lumière trop forte, parasites.
  • Une poule qui saigne doit être retirée du groupe tout de suite.
  • Occupez vos poules : de quoi gratter, picorer et prendre des bains de poussière.

Picage ou simple ordre hiérarchique ?

Les poules vivent selon un ordre établi : chacune connaît sa place. Les coups de bec brefs, souvent sur la tête, servent à le rappeler. Une fois l’ordre installé, le calme revient. C’est aussi pour cela qu’il faut intégrer de nouvelles poules progressivement.

Le picage, lui, est répété et ciblé : une ou plusieurs poules arrachent les plumes d’une autre, souvent la plus faible du groupe. Selon l’institut technique de l’aviculture (ITAVI), le premier signe est un plumage irrégulier, d’abord sur le dos et à la base de la queue. Des plumes en nombre dans la litière doivent aussi alerter.

Poule rousse au cou dégarni, plumes arrachées par les autres poules du groupe
Cette poule, la dernière du groupe, a perdu les plumes du cou sous les coups de bec. Photo : VanTucky, Wikimedia Commons, licence CC BY 1.0

Pourquoi les poules se piquent-elles ?

L’ITAVI le rappelle : les causes sont multiples et il n’existe aucune solution miracle. Les plus fréquentes :

Tableau des causes du picage (ennui, manque de place, alimentation, lumière, parasites, poule blessée) et des solutions
  • L’ennui : une poule passe naturellement une grande partie de la journée à gratter et picorer. Sur un parcours nu, ce besoin se reporte sur les plumes des autres.
  • Le manque de place : serrées, les poules dominées ne peuvent pas fuir. Voyez quel espace prévoir par poule.
  • Une alimentation déséquilibrée : selon une fiche technique du sélectionneur Novogen, un manque de sel, de calcium ou de phosphore rend les poules nerveuses et favorise le picage. Les restes et le grain seul ne suffisent pas.
  • La lumière et la chaleur : une lampe trop forte dans le poulailler augmente la nervosité, tout comme les coups de chaud.
  • Les parasites : l’ITAVI cite les poux rouges et les vers intestinaux parmi les facteurs de risque.
  • Une poule « différente » : blessée, en pleine mue ou d’une autre couleur, elle attire davantage les coups de bec.

Soigner la poule blessée

Le rouge du sang attire les poules. D’après la même fiche Novogen, une poule qui présente une blessure qui saigne risque d’être agressée, voire tuée, en quelques heures. Il faut donc agir vite.

  1. Retirez-la du groupe et installez-la au calme, avec eau et nourriture.
  2. Nettoyez la plaie au sérum physiologique.
  3. Montrez-la au vétérinaire si la plaie est profonde ou si elle s’infecte. Pas de produit au hasard.
  4. Réintroduisez-la une fois la plaie refermée, de préférence le soir, quand les poules sont calmes sur le perchoir.

⚠️ Repérez aussi la piqueuse. Souvent, une ou deux poules lancent le mouvement et les autres suivent. Isoler quelques jours la plus agressive peut suffire à casser l’habitude : à son retour, elle aura perdu sa place dans le groupe.

Occuper vos poules

C’est la mesure la plus efficace au poulailler familial : rendre aux poules de quoi faire.

  • Un chou ou une botte de verdure suspendus, juste à hauteur de bec : il faut travailler pour le manger.
  • Une botte de paille ou de luzerne à défaire. L’ITAVI note que les poules préfèrent les enrichissements qui se mangent.
  • Du grain jeté dans la litière plutôt que dans la mangeoire, pour les faire gratter.
  • Un bac de sable ou de terre sèche pour les bains de poussière.
  • Des coins pour se cacher : un buisson, une palette posée contre un mur, un perchoir de plus. La victime doit pouvoir échapper à ses poursuivantes.

💡 Changez régulièrement les objets. Les poules se lassent vite d’un jouet : Novogen observe qu’elles s’en désintéressent au bout d’une semaine au plus.

Prévenir le picage

  • Un aliment complet pour pondeuses comme base : voyez que donner à manger à ses poules.
  • Une litière sèche et un poulailler aéré, sans lampe trop forte.
  • Un contrôle régulier des parasites.
  • Un coup d’œil chaque jour au plumage : plus on agit tôt, plus l’habitude est facile à casser.

Questions fréquentes

Mes poules perdent leurs plumes en automne : est-ce du picage ?

Probablement pas : c’est la mue. Les plumes tombent sur tout le corps puis repoussent, sans plaie. Le picage touche surtout le dos et la queue, avec des plumes cassées ou arrachées et parfois du sang.

Une poule qui mange ses plumes manque-t-elle de protéines ?

Ce n’est pas la seule explication possible. Vérifiez d’abord qu’elle reçoit un aliment complet pour pondeuses, puis regardez les autres causes : ennui, place, parasites.

Le coq peut-il abîmer les plumes des poules ?

Oui, mais ce n’est pas du picage : un coq arrache les plumes du dos et de la nuque en s’accouplant. Les poules préférées sont les plus dégarnies.

En résumé

Le picage se calme rarement avec une seule mesure. Retirez tout de suite une poule qui saigne, puis cherchez ce qui manque à votre groupe : de quoi s’occuper, de la place, un aliment complet, un poulailler sans parasites. En cas de doute sur l’état d’une poule, lisez aussi les signes qui doivent alerter, et pour le nombre de poules, combien de poules pour une famille. 🐔

Sources : ITAVI, « Les conseils de l’Itavi pour limiter les risques de picage entre poules pondeuses » (Réussir Volailles, projet Casdar Epointage) ; Novogen, « Comment contrôler le picage cloacal ? » (fiche NovoFocus).

Publications similaires